EXPOSITION

De la bibliothèque coloniale
aux premières littératures africaines

Le livret de l'exposition

La littérature du XIXe siècle, et particulièrement le roman d'aventure, a façonné l'imaginaire colonial, fabriquant une « bibliothèque intérieure [...] qu'emmenèrent dans leur mémoire les milliers de Français partis pour l'Afrique à la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle » (Jean-Marie Seillan). Et le savoir sur l'Afrique au sud du Sahara, pendant la période de la conquête puis de la mise en place de l'administration coloniale française, s'est largement fabriqué à travers des formes littéraires. La colonisation française par ailleurs a modifié le paysage sociolinguistique en introduisant le français comme langue d'écriture, dont s'est emparée aussi une petite élite lettrée africaine, passée par les écoles coloniales

 

 

Les fonds des Archives Nationales d’Outre-Mer sont riches d’une multitude de supports de l’écriture, permettant d'appréhender la variété des écrits ayant circulé pendant la période coloniale. Cette exposition est notamment l'occasion de mettre en lumière le fonds spécifique de l'Enfom (École Nationale de la France d'Outre-Mer) dite aussi « École coloniale », formant depuis 1889 les fonctionnaires français appelés à travailler dans l'administration coloniale dans les différents pays de l'empire. Ainsi, dans ce fonds, on trouve de nombreux romans, proposés à la lecture des étudiants et remis en jeu dans leurs mémoires de fin d'étude.

Certains fonds privés témoignent d'une forme de tentation de la littérature que l'on peut trouver chez certains acteurs de la colonisation française ; des liens également se font entre écriture de voyage et écriture littéraire. D'une archive à l'autre, de l'archive à l'écrit littéraire, on peut par ailleurs suivre comment certaines personnes historiques deviennent personnages de fiction.

Ces archives et écrits coloniaux sont également le terrain de la première littérature africaine de langue française et les fonds des Anom permettent largement d'appréhender la façon dont les écrivains africains ont écrit contre ou en réponse aux textes coloniaux. L'un des enjeux de cette exposition est aussi de retrouver ces « voix africaines » au sein de la production coloniale, par définition attachée à décrire le point de vue de l’administration française.

 

Le parcours proposé entend ainsi dessiner une histoire des pratiques d’écriture, depuis la constitution d’une « Bibliothèque coloniale » africaine jusqu’à l’émergence d’une littérature africaine éditée en langue française, présentant cette première génération d'écrivains nés sous la colonisation.

 

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